Dans l’ombre des discours officiels vantant la rupture avec l’ancien système, le Gabon est le théâtre d’un scandale politique et financier d’une ampleur alarmante. Au cœur de cette affaire, Aurélien Mintsa Mi Nguema, frère cadet du chef de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Son limogeage de la Direction Générale du Budget pour de massifs détournements de fonds publics et des pratiques de favoritisme aurait dû marquer le début d’une enquête judiciaire rigoureuse. Mais c’était sans compter sur la protection présidentielle dont il bénéficie.
Un scandale étouffé par la présidence
La vérité, c’est que cet épisode de pseudo-sanction n’a été qu’une mascarade. Oligui Nguema n’a jamais eu l’intention d’infliger la moindre réelle conséquence à son frère. Bien au contraire, tout indique que ce dernier n’a agi qu’en exécutant une mission qui lui avait été confiée : celle de siphonner l’argent du contribuable pour alimenter une organisation dédiée à la consolidation du pouvoir familial. Cet instrument de captation des ressources publiques porte un nom : l’association Ossimane rebaptisée Pensée patriotique.
Pensée patriotique ou ex-Ossimane : une organisation créée pour servir les ambitions d’Oligui
Présentée sous les atours trompeurs d’une organisation à vocation communautaire, le mouvement Pensée patriotique, ex-Ossimane s’est révélée pour ce qu’elle a toujours été : une véritable machine politique d’allégeance ethnique, conçue pour servir les ambitions de l’homme fort de Libreville. Depuis sa création le 16 mars 2024, cette structure n’a eu de cesse de s’implanter dans les différentes provinces du Gabon, s’imposant comme le noyau dur du réseau de clientélisme érigé par le régime en place.
Oligui Nguema, en endossant le rôle de président d’honneur d’Ossimane, a transgressé l’un des principes fondamentaux de toute gouvernance soucieuse de l’intérêt général : la neutralité de l’Etat face aux organisations à caractère politique et communautaire. Un chef d’État doit garantir l’unité nationale, non l’instrumentalisation des structures de la société civile à des fins électorales. Or, cette organisation n’est rien d’autre qu’un tremplin pour le maintien au pouvoir d’Oligui Nguema, et son principal artisan financier n’est autre qu’Aurélien Mintsa Mi Nguema.
Une trésorerie électorale financée par des fonds détournés
Les fonds qu’il a massivement détournés lorsqu’il était à la tête du Budget ne sont bien évidemment jamais retournés dans les caisses de l’Etat. Ils ont servi à étoffer la capacité de nuisance d’Ossimane, qui s’est transformée en organe de propagande et en outil de corruption électorale. Lors du récent référendum constitutionnel, cette machine financée par l’argent du peuple s’est déployée pour acheter des votes et influencer les résultats en faveur du régime.
Avec des milliards de FCFA détournés, Aurélien Mintsa Mi Nguema s’impose désormais comme l’un des principaux architectes du dispositif électoral d’Oligui. D’aucuns le considèrent d’ailleurs comme le véritable argentier et directeur de la future campagne présidentielle. Nous en voulons pour preuve, sa désignation aux fonctions de Coordonnateur en charge des ressources humaines et des finances au sein de l’équipe de campagne de son frère, le candidat Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le « Rassemblement des Bâtisseurs », un leurre pour masquer Ossimane
Face aux accusations croissantes de gestion sectaire et clanique des affaires publiques, le pouvoir a tenté une nouvelle manœuvre pour diluer les critiques. La création du « Rassemblement des Bâtisseurs » n’est qu’un écran de fumée destiné à masquer la réelle structure qui pilotera la réélection d’Oligui Nguema : Pensée patriotique, ex-Ossimane. Cette organisation, bâtie sur l’argent du contribuable et la détresse du peuple gabonais, s’apprête à jouer un rôle central dans la campagne présidentielle à venir.
Tout indique que ce n’est pas par souci de transparence que ce nouveau rassemblement a été mis en place, mais bien pour calmer la grogne populaire face à l’emprise d’Aurélien Mintsa Mi Nguema sur la coordination de la campagne. Mais la supercherie ne trompe personne : le coordonnateur en charges des ressources humaines et des finances reste le véritable pilier de la campagne du président de la Transition.
Un avenir politique compromis par l’ombre du clanisme
Si rien n’est fait pour stopper cette machine de propagande et de manipulation, les prochaines échéances électorales ne seront qu’une parodie de démocratie, orchestrée par un pouvoir qui confond les ressources publiques avec biens familiaux. Le Gabon se trouve à la croisée des chemins : soit il cède à la consolidation d’un système oligarchique, soit il exige une réelle rupture. Mais une chose est certaine : tant qu’Aurélien Mintsa Mi Nguema continuera à dicter les règles du jeu financier et électoral, l’idéal de justice et d’intégrité restera un mirage.
Le Gabon en danger : vers une confiscation totale du pouvoir
Si rien n’est fait pour stopper cette machine de propagande et de manipulation, les prochaines échéances électorales ne seront qu’une parodie de démocratie, orchestrée par un pouvoir qui confond les ressources publiques avec biens familiaux. La présidentielle de 2025 risque d’entériner la mainmise absolue d’Oligui Nguema et de son cercle rapproché sur l’appareil d’Etat, condamnant toute perspective de démocratie et de justice. Le peuple gabonais est face à un choix historique : se soumettre à cette tyrannie rampante ou exiger, par tous les moyens, la fin de ce système de spoliation et d’oppression.

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