Par-delà les discours pompeux et les tournées républicaines largement médiatisées, une vérité crue s’impose : Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas tenu ses promesses. Un an après sa prise de pouvoir, les Gabonais n’ont toujours pas accès aux services de base, pourtant martelés comme une priorité lors de ses interventions publiques.
L’eau, l’électricité, la santé, l’éducation : autant de droits fondamentaux que l’État gabonais est incapable de garantir à sa population. Pire encore, l’écart se creuse entre les annonces gouvernementales et la réalité vécue sur le terrain. Pendant que le président multiplie les déplacements et les engagements, les citoyens, eux, pataugent dans une précarité quotidienne.
À Libreville, l’eau potable est rationnée, l’électricité coupée sans préavis, et les files d’attente dans les hôpitaux publics deviennent le symbole d’un système de santé à l’abandon. À l’intérieur du pays, la situation est encore plus dramatique : écoles délabrées, centres de santé fantômes, infrastructures inexistantes.
À Oyem, un enseignant raconte : « Nos élèves étudient dans des salles sans bancs, parfois sans tableau. Certains écrivent à genoux, sur leurs jambes. » À Makokou, une patiente témoigne : « Pour une simple injection, j’ai dû acheter ma seringue, mon coton, et même l’alcool. » Voilà où en est le Gabon.
Comment expliquer que, malgré des promesses de “rupture” et de “transition vers un nouveau modèle”, la population n’ait vu aucune amélioration ? La réponse est aussi simple que brutale : les tournées républicaines ont été, jusqu’ici, des vitrines de propagande. Rien de plus.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données internes de la SEEG, près de 45 % des ménages ne bénéficient pas d’un accès quotidien à l’eau courante. Le ministère de la Santé reconnaît que plus de 60 % des structures publiques manquent régulièrement de médicaments essentiels. Le tout dans un silence gouvernemental assourdissant.
Oligui Nguema avait l’opportunité de marquer une rupture réelle avec les années Bongo. Il avait les faveurs de l’opinion, le bénéfice du doute, et même le soutien d’une frange de la société civile. Mais à force de promesses non tenues, le capital confiance s’effrite.
Ce n’est pas l’image du pouvoir qui doit être restaurée, mais les conditions de vie de ceux qui le subissent.
Tant que l’eau ne coulera pas dans tous les foyers, tant que les hôpitaux resteront sans matériel, tant que les écoles tomberont en ruine, aucune transition politique ne pourra être considérée comme réussie. Il est temps de passer des discours aux actes, ou de reconnaître, honnêtement, que l’on a échoué.
Par un Gabonais lucide, témoin de la précarité et lassé des illusions politiques.

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