Le 27 mars, Brice Clotaire Oligui Nguema a, une fois de plus, sorti les caméras et les rubans pour une mise en scène bien huilée : la remise de 400 taxis neufs dans le cadre de son programme « Un jeune, un taxi ». Une opération qui s’ajoute à celle de novembre 2024. Mais sous les vernis du populisme électoral se cache une réalité plus trouble : celle d’un système de blanchiment d’argent savamment réactivé.
Le cœur de la manœuvre se nomme Mehdi Keack, patron de Luxury Car, entreprise d’importation de véhicules basée à Dubaï. L’homme, loin d’être un acteur neutre, fut proche de la « Young Team », le cercle d’influence de Noureddin Bongo. Malgré la chute de l’ancien régime, ses connexions lui assurent aujourd’hui un accès direct au palais présidentiel. Preuve que les vieilles pratiques n’ont pas été balayées : elles ont simplement changé de façade.
Selon des données confidentielles de la Beac, Luxury Car a importé pour plus de 36 millions d’euros entre 2020 et 2023, principalement des véhicules. Mais les bénéficiaires des paiements — Falcons GT Motors, Sky Bean Trading ou encore Bahwan Automobiles — sont tous basés dans des paradis de l’opacité, propices aux montages financiers douteux.
L’année 2024 confirme cette dérive : les importations se poursuivent à un rythme soutenu, sans contrôle public clair sur les conditions d’attribution, les sources de financement, ni la transparence des circuits de paiement. Sous couvert de jeunesse et d’insertion sociale, c’est un système opaque, héritier du bongoïsme, qui continue de prospérer.
Oligui Nguema, censé incarner la rupture, donne tous les signes d’une continuité inquiétante. Derrière les promesses et les véhicules neufs, c’est l’ancien système qui roule, à toute vitesse, vers une nouvelle impunité.

Leave a Reply