Le 22 avril 2025, BW Energy a confirmé la découverte de plus de 56 millions de barils de pétrole en place — dont environ 25 millions considérés récupérables — au niveau du prospect Bourdon, dans la licence Dussafu, à une trentaine de kilomètres au large de Mayumba . Cette annonce intervient après le forage de l’appareil DBM‑1 ST2, qui a mis en évidence une colonne d’hydrocarbures de plus de 35 mètres dans le réservoir Gamba, avec une porosité et une fluidité jugées excellentes (3,5 centipoises) .
Pourtant, ce succès technico‑scientifique ne profite que marginalement au Gabon : l’État, via sa filiale Gabon Oil Company, ne détient que 9 % des droits dans la licence Dussafu, tandis que BW Energy Gabon SA (opérateur) conserve 73,5 % et Panoro Energy 17,5 % . Concrètement, sur chaque baril produit, seulement 0,09 baril revient directement à l’État gabonais, les 91 % restants étant perçus par des sociétés étrangères.
Au rythme actuel, les premiers flux de trésorerie pour le budget national ne sont pas attendus avant 2027–2028, le temps de finaliser le concept de développement, d’obtenir les accords FID (décision finale d’investissement) et de mettre en service les installations de production . En attendant, ce sont les actionnaires internationaux et les prestataires extérieurs qui capteront l’essentiel des retombées économiques.
C’est dans ce schéma de dépossession systématique que réside, plus largement, l’une des malédictions de l’Afrique : malgré l’abondance de ses ressources naturelles, le continent reste condamné à la pauvreté parce qu’il ne contrôle pas ses richesses et que ses peuples ne profitent pas des immenses revenus générés. Tant que les cadres contractuels privilégieront les intérêts extérieurs, l’Afrique continuera de regarder ses propres sous‑sols s’enrichir… au profit des autres.
Roger Ndong

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