Gabon : Torture et pillage – La France complice du calvaire de Sylvia et Nourredine Bongo ?

Gabon : Torture et pillage – La France complice du calvaire de Sylvia et Nourredine Bongo ?

À quelques jours de l’élection présidentielle au Gabon, un scandale d’une gravité inouïe éclabousse les autorités du pays. Selon les avocats de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils, Nourredine Bongo Valentin, ces derniers seraient soumis à des actes de torture au sein même du palais présidentiel, sous la direction du régime militaire en place. Un silence assourdissant entoure cette affaire, notamment celui de la consule générale de France à Libreville, accusée d’être spectatrice passive de ces sévices.

Une détention clandestine et des sévices infligés dans l’ombre

Les déclarations des avocats sont glaçantes : Sylvia et Nourredine Bongo ne seraient pas réellement détenus à la prison centrale, comme le prétendent les autorités gabonaises, mais au deuxième sous-sol du palais du Bord de mer, lieu transformé en geôle secrète. Lors des rares occasions où ils sont présentés à la consule générale, on les ramène brièvement à la prison afin de maquiller la réalité de leur incarcération.

Selon leurs conseils, ces détentions s’accompagnent de méthodes d’intimidation d’une brutalité extrême. Ils évoquent des tortures ayant pour finalité de contraindre leurs clients à signer, sous la contrainte, des documents transférant des biens et des fonds au bénéfice du général Brice Clotaire Oligui Nguema et de ses proches.
Selon l’avocat François Zimeray ces clients font face à une « vengeance collective », dépourvue de toute légitimité judiciaire. Ce simulacre de justice est orchestré par des mains qui maîtrisent l’art de la coercition et du silence imposé par la peur.

La consule générale française, complice par omission ?

Dans cette affaire d’une barbarie insoutenable, une question brûle les lèvres : pourquoi Paris demeure-t-il silencieux ? La consule générale de France au Gabon, informée des conditions de détention des ressortissants français Sylvia et Nourredine Bongo, se contente d’apparitions sporadiques, sans jamais alerter publiquement sur les violations criantes des droits de l’Homme dont ils sont victimes.

Me Zimeray rappelle que la justice française enquête actuellement sur des faits de « séquestration arbitraire » et exige que soit ajouté le délit de « non-dénonciation de crime », visant directement les autorités consulaires françaises. Cette inaction diplomatique est perçue comme un feu vert tacite à l’impunité du régime en place.

Une prédation systémique du patrimoine des Bongo

Au-delà des sévices physiques et psychologiques, Sylvia et Nourredine Bongo font également face à une razzia patrimoniale d’une ampleur inédite. Les avocats dénoncent des saisies de biens réalisées « par extorsion », en dehors de tout cadre légal. Parmi les avoirs spoliés figurent l’ensemble des villas et sociétés détenues au Gabon, ainsi que tous les comptes bancaires de la famille, aussi bien dans le pays qu’à Dubaï.

Plus préoccupant encore, cette campagne de spoliation s’étend hors des frontières gabonaises. À Dubaï, la confiscation des actifs de la famille Bongo aurait été facilitée par Mark Doumba, un homme aux méthodes troubles, récemment nommé ministre de l’Économie. Son influence dans les Émirats arabes unis, où il disposerait d’un réseau mafieux tentaculaire, aurait permis d’orchestrer des saisies d’une légalité plus que douteuse.

L’indignation des défenseurs de Sylvia et Nourredine Bongo est à son comble. L’un des éléments les plus symboliques de cette expropriation sauvage demeure la confiscation d’une villa et d’un terrain à Marrakech, offerts par le roi du Maroc Mohammed VI à Ali Bongo. Une mainmise qui illustre la volonté acharnée du régime militaire de déposséder la famille Bongo de toutes ses richesses.

Un avertissement ignoré

Face à ces accusations accablantes, le gouvernement gabonais persiste dans son mutisme, relayé par le silence diplomatique de la France. Les autorités françaises pourront-elles encore longtemps feindre l’ignorance ? Jusqu’à quand la communauté internationale restera-t-elle spectatrice de cette entreprise de destruction orchestrée en toute impunité ? Si la complaisance actuelle perdure, la France ne pourra se dédouaner de sa part de responsabilité dans ce qui s’apparente, chaque jour davantage, à un crime d’État.

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