Présidentielle 2025 : Voici comment Oligui compte réaliser son « Putsch électoral » au soir du 12 avril

Présidentielle 2025 : Voici comment Oligui compte réaliser son « Putsch électoral » au soir du 12 avril

Alors que le Gabon s’approche de l’échéance cruciale du 12 avril 2025, un véritable hold-up électoral se dessine dans l’ombre. Brice Clotaire Oligui Nguema, conscient de son impopularité et de son incapacité à remporter un scrutin transparent, a déployé une stratégie méthodique pour confisquer le pouvoir par la force et la manipulation. Trois grandes étapes jalonnent ce coup d’État institutionnel, chacune orchestrée par un acteur clé sous la coupe du régime.

1ᵉ étape : La mise sous tutelle de la Commission électorale

Dès le départ, Oligui a verrouillé l’appareil électoral en plaçant des fidèles à la tête de la Commission Nationale d’Organisation et de Coordination des Élections et du Référendum (Cnocer). Sous la supervision directe du ministre de l’Intérieur, cet organe qui aurait dû garantir la transparence du processus est en réalité un instrument de fraude massive.

Les membres de la Commission centrale et des commissions locales ne sont pas choisis pour leurs compétences ou leur neutralité, mais pour leur loyauté indéfectible au pouvoir en place. Cette mainmise ouvre la voie à toutes les manipulations : bourrages d’urnes, intimidation des assesseurs de l’opposition, suppression arbitraire de bureaux de vote dans les bastions adverses, et surtout falsification des procès-verbaux lors du dépouillement.

Le danger est réel : chaque bulletin de vote risque d’être transformé en un outil au service du régime, à travers des procédures opaques et des résultats préfabriqués. L’ombre de la fraude plane déjà sur ce scrutin, et l’opposition devra redoubler de vigilance pour espérer contrer cette entreprise de confiscation de la volonté populaire.

2ᵉ étape : Une Cour constitutionnelle aux ordres du pouvoir

La Cour constitutionnelle, dernier rempart juridique censé garantir la sincérité du scrutin, est elle aussi un rouage essentiel du dispositif de fraude mis en place par Oligui Nguema. Son président, Dieudonné Owono, n’est autre que son cousin, un homme qu’il a lui-même placé à cette position stratégique. Ce lien familial, doublé d’une allégeance absolue au chef de l’Etat, fait de la Cour un simple exécutant des basses œuvres du pouvoir.

Un exemple récent illustre cette soumission totale : la disqualification arbitraire de Jean Rémy Yama, principal opposant au régime. Initialement recalé par le ministère de l’Intérieur sous prétexte qu’il ne pouvait prouver sa nationalité, il avait pourtant fourni tous les documents requis, notamment l’acte de naissance de sa mère. Or, la Cour constitutionnelle, loin de rectifier cette injustice flagrante, a entériné son exclusion de la course électorale, sans fondement juridique valable.

Ce précédent montre que la Cour ne joue plus son rôle d’arbitre impartial. Elle sera là, le soir du 12 avril, pour valider sans broncher les résultats manipulés, quel que soit l’ampleur du scandale.

3ᵉ étape : Une militarisation totale pour étouffer la contestation

Oligui Nguema sait que, malgré tous les verrous institutionnels qu’il a mis en place, la fraude pourrait être démasquée et provoquer une explosion de colère populaire. C’est pourquoi il a déjà préparé l’ultime rempart de sa stratégie de confiscation du pouvoir : l’instrumentalisation totale des forces de défense et de sécurité.

Cette militarisation du processus électoral ne se limite pas aux hauts gradés. Elle concerne l’ensemble des corps armés : la gendarmerie, la police, la garde républicaine et l’armée de terre. Oligui a engagé une vaste opération de conditionnement psychologique et idéologique de ces forces, les exhortant à être prêtes à étouffer dans le sang toute contestation post-électorale.

Le meeting partisan qu’il a tenu au début du mois de mars au stade d’Angongje avec l’ensemble des forces de sécurité en est une illustration alarmante.

Ce rassemblement, en violation totale des principes d’une armée républicaine, visait à galvaniser les troupes et à leur faire comprendre que leur mission ne serait pas de protéger les citoyens, mais de servir d’outil de répression brutale au service du régime. En clair, les militaires sont sommés de préparer la répression des manifestations et d’empêcher par la force toute remise en cause des résultats frauduleux. 

L’objectif est clair : instaurer un climat de terreur pour dissuader toute contestation populaire. Si les Gabonais descendent dans la rue pour exiger la vérité des urnes, ils feront face à une machine répressive sans pitié, orchestrée par un pouvoir aux abois.

Une présidentielle jouée d’avance ?

L’élection du 12 avril 2025 ne sera pas un scrutin, mais un simulacre. Oligui Nguema ne laisse aucune place à l’aléa démocratique. En verrouillant la commission électorale, en asservissant la Cour constitutionnelle et en mobilisant l’armée, il met en place un véritable putsch électoral.

Le peuple gabonais, qui aspirait à une transition vers un véritable régime civil et démocratique, se retrouve piégé dans un système de confiscation du pouvoir. Si la communauté internationale ferme les yeux sur ce coup de force en préparation, alors le Gabon s’enfoncera irrémédiablement dans l’autoritarisme et la répression.

Le 12 avril ne sera pas une élection, mais une farce sinistre. La question est de savoir si les Gabonais accepteront d’être dépossédés de leur avenir sans réagir.

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